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mercredi, 19 avril 2006

Etymologie : le palimpseste

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Photo de Dominique Zoladz


Le palimpseste désigne un manuscrit sur parchemin dont on a fait disparaître l'ancienne écriture,
pour écrire de nouveau.


Le terme qui date du XVIe siècle provient du latin palimpsestus lui-même issu du grec palimpsêsto, «gratté de nouveau».
Palin : «à nouveau» et Psân : «s'en aller en poussière, racler».
Les moines copistes médiévaux ont abondamment utilisé cette méthode. Le parchemin étant coûteux, ils «recyclaient» d'anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes.
La technique consistait à effacer l'ancien parchemin en le frottant avec une pierre ponce. Ce faisant, ils détruisirent de nombreux écrits et témoignages antiques.

Dans son livre Les nourritures affectives, Boris Cyrulnik utilise l'image du palimpseste pour rendre compte
du fonctionnement de notre mémoire.

En effet, dans notre cerveau, des souvenirs recouvrent d'autres souvenirs et notre histoire ressemble finalement à des strates
de mémoires enfouies et endormies.
Un événement ou une émotion peut faire resurgir à la surface
de notre conscience un souvenir ancien et oublié.
Pour illustrer ce fait, Boris Cyrulnik cite ce passage extrait
d'Un mangeur d’opium de Charles Baudelaire (p 451-453).
«Qu’est-ce que le cerveau humain sinon un palimpseste universel et naturel ? ... Oui, lecteur, innombrables sont les poèmes de joie ou de chagrin qui se sont gravés successivement sur
le palimpseste de votre cerveau, et comme les feuilles des forêts vierges, comme les neiges indissolubles de l’Himalaya, comme
la lumière qui tombe sur la lumière, leurs couches incessantes
se sont accumulées et se sont, chacune à son tour, recouvertes d’oubli. Mais à l’heure de la mort, ou bien dans la fièvre, ou par les recherches de l’opium, tous ces poèmes vont reprendre
de la vie et de la force. Ils ne sont pas morts, ils dorment...
Les profondes tragédies de l’enfance... vivent toujours cachées, sous les autres légendes des palimpsestes.
La passion et la maladie n’ont pas de chimie assez puissante
pour brûler ces immortelles empreintes.»

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