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vendredi, 21 janvier 2022

L'Insurrection qui vient

L'Insurrection qui vient - Comité invisible
La Fabrique - 2007

Rien ne manque au triomphe de la civilisation.
Ni la terreur politique ni la misère affective.
Ni la stérilité universelle.
Le désert ne peut plus croître : il est partout.
Mais il peut encore s'approfondir.
Devant l'évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s'indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s'organisent.

Le comité invisible est du côté de ceux qui s'organisent.

 

l'insurrection qui vient, comité invisible

Extraits

Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue.
Ce n’est pas la moindre de ses vertus.
À ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui.
Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l’heure.
C’est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis.
« Le futur n’a plus d’avenir » est la sagesse d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’extrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks.
(page 7) 

La sphère de la représentation politique se clôt.
De gauche à droite, c’est le même néant qui prend des poses de cadre ou des airs de vierges, les mêmes têtes de gondoles qui échangent leurs discours d’après les dernières trouvailles du service communication.

(page 7) 

« I AM WHAT I AM. » Jamais domination n’avait trouvé mot d’ordre plus insoupçonnable.
Le maintien du Moi dans un état de demi-délabrement permanent, dans une demi-défaillance chronique est le secret le mieux gardé de l’ordre des choses actuel.
Le Moi faible, déprimé, autocritique, virtuel est par essence ce sujet indéfiniment adaptable que requiert une production fondée sur l’innovation, l’obsolescence accélérée des technologies, le bouleversement constant des normes sociales, la flexibilité généralisée.
(page 11) 

Notre sentiment d’inconsistance n’est que l’effet de cette bête croyance dans la permanence du Moi, et du peu de soin que nous accordons à ce qui nous fait.
(page 16) 

Contrairement à ce que l'on nous répète depuis l'enfance, l'intelligence, ce n'est pas de savoir s'adapter - ou si c'est une intelligence, c'est celle des esclaves. 
Notre inadaptation, notre fatigue ne sont des problèmes que du point de vue de ce qui veut nous soumettre.

(page 18)

Appeler « société » le peuple d’étrangers au milieu duquel nous vivons est une telle usurpation que même les sociologues songent à renoncer à un concept qui fut, pendant un siècle, leur gagne-pain.
Ils préfèrent maintenant la métaphore du réseau pour décrire la façon dont se connectent les solitudes cybernétiques, dont se nouent les interactions faibles connues sous les noms de « collègue », « contact », « pote », « relation » ou d’« aventure ».
Il arrive tout de même que ces réseaux se condensent en milieu, où l’on ne partage rien sinon des codes et où rien ne se joue sinon l’incessante recomposition d’une identité.

(page 23-24) 

Qu’on ne nous parle plus de « la ville » et de « la campagne », et moins encore de leur antique opposition.
Ce qui s’étend autour de nous n’y ressemble ni de près ni de loin : c’est une nappe urbaine unique, sans forme et sans ordre, une zone désolée, indéfinie et illimitée, un continuum mondial d’hypocentres muséifiés et de parcs naturels, de grands ensembles et d’immenses exploitations agricoles, de zones industrielles et de lotissements, de gîtes ruraux et de bars branchés : la métropole.
(page 38)

La métropole est cette mort simultanée de la ville et de la campagne, au carrefour où convergent toutes les classes moyennes, dans ce milieu de la classe du milieu, qui, d’exode rural en
« périurbanisation», s’étire indéfiniment.

(Page 40) 

Pour survivre à l’uniformité environnante, l’unique option est de se reconstituer sans cesse son monde intérieur, comme un enfant qui reconstruirait partout la même cabane.
(page 45) 

 

citation comité invisible

 

Le scandale, il y a un siècle, résidait dans toute négation un peu tapageuse, elle réside aujourd’hui dans toute affirmation qui ne tremble pas. 
(page 78) 

Il va sans dire que l’attachement des Français à l’État - garant des valeurs universelles, dernier rempart contre le désastre - est une pathologie dont il est compliqué de se défaire.
C’est surtout une fiction qui ne sait plus durer.
(page 130) 

La crise est une manière de gouverner.
Quand ce monde ne semble plus tenir que par l’infinie gestion de sa propre déroute.
(page 133) 

 

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Publié dans Critique sociale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : critique sociale, politique, comité invisible |  Facebook | | | | Pin it! | | Dubois Jean-Pierre |

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