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mardi, 16 mai 2006

Exercice Arts Visuels N°2 Réponse

medium_VanHoogstaten_quodlibet_1666_.3.jpgDocument 1
Samuel Van Hoogstaten
Peintre hollandais du 17e siècle
Quodlibet
(pêle-mêle en trompe-l'œil)
1666

 

 

medium_Magritte_treason1929.2.jpgDocument 2
René Magritte
(1898-1967)
La Trahison des images
1929
Artiste surréaliste belge



Ce qui est commun
Ce sont deux tableaux, en deux dimensions.
Ils sont figuratifs et représentent des objets.
Ils sont tous deux peints dans des tons chauds.

Ce qui est différent
Les objets de Van Hoogstaten sont traités de façon extrêmement réalistes en respectant les différentes matières.
La pipe de Magritte est stylisée, simplifiée, sans effet imitatif.

Ces deux œuvres nous parlent de la représentation
du monde selon deux approches radicalement opposées.


Van Hoogstaten tente dans les deux dimensions de faire
« plus vrai que le vrai ». Le trompe l'œil joue sur l'illusion.
Le peintre crée une "supercherie" destinée à surprendre
et tromper le spectateur qui a envie de toucher ces objets,
pour vérifier qu’ils sont bien réels.
Magritte, lui, nous met en garde contre les images.
Celles-ci ne sont que représentation de la réalité et non pas
la réalité elle même. C'est pourquoi il précise :
« Ceci n'est pas une pipe », sous entendu, mais la représentation d'une pipe...
Pour expliquer ce qu'il a voulu représenter à travers cette œuvre, Magritte a déclaré ceci : « La fameuse pipe, me l'a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n'est-ce pas, elle n'est qu'une représentation.
Donc si j'avais écrit sous mon tableau "ceci est une pipe" , j'aurais menti ! »


Ces deux images renvoient au questionnement de Blaise Pascal : « Quelle vanité que la peinture qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire point les originaux ».

A propos du réel
par François Brune, sémiologue.

1 - L’image n’est jamais le réel
Qu’il s’agisse d’une pipe, d’un soleil couchant ou de mon beau visage, l’image n’est jamais le « réel ».
On ne peut même pas dire qu’elle reflète « le » réel, puisqu’elle ne peut chaque fois qu’en refléter un reflet, à un moment donné.
Aussi « réaliste » que prétende être l’image d’un objet, aussi spectaculaire que puisse nous sembler l’aspect phénoménal des choses qu’on croit « saisir » en le photographiant, nous n’appréhendons chaque fois qu’une apparence parmi une infinité d’autres, et ceci à un instant précis parmi une infinité d’autres instants...
Même au pur plan visuel, même en n’en visant que la plus plate reproduction, l’image ment toujours dans la mesure où elle sélectionne une très infime partie du visible, où elle l’amplifie par ce simple choix, et où elle cache du même coup tout ce qu’elle ne montre pas.
Qu’on le veuille ou non, l’image « réaliste » ne peut à la fois vous donner la face et le profil. Montrer la face, c’est toujours cacher le profil. Et vice versa.
Ainsi, dans le seul ordre du visible, l’exhibition d’une image occulte tout le reste, c’est-à-dire l’infini miroitement des choses...

2 - L’impression d’évidence est un leurre
Or, en dépit de ces simples constats, l’image bénéficie d’un préjugé constant : sa transparence à la réalité.
On croit – on veut – tenir en elle l’objet auquel elle renvoie.
Étymologiquement, le visible c’est l’évident – ce qui « saute aux yeux ».

Exercice N°3 (comparaison d'œuvres)



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