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mercredi, 20 février 2013

Les termes performatifs

Les termes performatifs
Je vous autorise à partir. Je t'avertis. Je te promets.
Qu'ont en commun ces différentes expressions ?
Toutes trois sont des énoncés dits "performatifs" ou "actes de langage".
C'est-à-dire, que leur énoncé constitue simultanément l'acte auquel il se réfère.


Lorsque je dis : Je vous autorise à partir, je donne l'autorisation effective d'accomplir l'action de partir.
Je t'avertis, est une information mais peut également inquiéter voire effrayer celui à qui s'adressent ces paroles.
En disant : je te promets, je m'engage dès cet instant et pour l'avenir. Ainsi les "actes de langages" ne se contentent pas de dire une chose, ils font la chose et peuvent donc être considérés à juste titre comme des actes.

Les termes "performatifs" et "actes de langage" proviennent de l'anglais "performative" et "speech acts". Ils ont été créés par deux philosophes britanniques qui ont étudiés ces fonctions particulières du langage.
J.L. Austin (1911-1960) a publié en 1962 les résultats de ses travaux dans son ouvrage : Quand dire, c'est faire où il développe l’idée selon laquelle l’acte de parole est équivalent à un comportement. De son côté, J.R. Searle a publié en 1969 le livre : Les actes de langage.
J.L. Austin, représentant de la "philosophie analytique", appartient à l'École d'Oxford. Il a orienté ses recherches vers l'examen des règles du "langage ordinaire". Il a ainsi mis en lumière des énoncés qui non seulement décrivent ou constatent mais possèdent un pouvoir spécifique auquel il donna le nom de "performatif". Austin constate : "Avec certains mots une action est aussi accomplie, par exemple avec le "oui" du mariage."

Parler une langue, c'est agir conformément
à des règles préétablies.

Les deux philosophes proposent des théories très proches dont la base peut se résumer à parler une langue, c'est agir conformément à des règles préétablies. En effet, pour être efficaces, les "actes de langage" doivent s'inscrire dans le cadre de conventions sociales déterminées. Selon Austin, "Les ordres d'un subordonné sont, par exemple, sans effet".
Les termes "performatifs" mettent en évidence les liens qui unissent la langue et la culture. Le caractère obligatoire de l'énoncé "Je te promets" engage celui qui le prononce dans la mesure où il vit dans une société ayant fixé certaines règles et ayant attaché un sens et une valeur aux actes. "La convention sociale qui attache l'obligation à l'acte de promettre est inséparable de cet acte". (O. Ducrot, De Saussure à la philosophie du langage).

Selon les cas et les personnes concernées, le même énoncé "Je viendrai demain" peut être interprété comme une promesse ou comme une menace. Dans le premier cas l'interlocuteur attendra plein d'espoir dans le second cas il se préparera à un affrontement ou prendra la fuite.
Avertir, féliciter, menacer, promettre, remercier, ordonner, permettre, faire ses excuses, sont des termes performatifs.



Sources
Le Langage - Chantal Demonque - Profil Hatier
Histoire illustrée de la philosophie - Bryan Magee - Le Pré aux clercs



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