Vie et mort de l'image. Consistant et passionnant.

Vie et mort de l'image. Consistant et passionnant.

Auteur : Régis Debray

Editeur : Gallimard

Année : 1992

Une histoire du regard en Occident ou les interactions techniques, symboliques et politiques depuis la gravure rupestre jusqu'à l'image numérique.
Pourquoi la médiologie ? Parce que l'image fabriquée est à la fois un produit, un moyen d'action et une signification.

Extraits
Notre regard fut magique avant d'être artistique. Il devient à présent économique.
Il n'y a pas d'image en soi. Son statut et ses pouvoirs ont varié au gré des révolutions techniques et des croyances collectives.
L'ère des images n'aura-t-elle été qu'une brève parenthèse entre le temps des "idoles" et celui du "visuel" où nous sommes entrés ?

La naissance de l’image a partie liée avec la mort.
Mais si l’image archaïque jaillit des tombeaux, c’est en refus du néant et pour prolonger la vie. La plastique est une terreur domestiquée. Il s’ensuit que plus la mort s’efface de la vie sociale, moins vivante est l’image, et moins vitale notre besoin d’images.
(p16)

Il y eut "magie" tant que l'homme sous-équipé dépendait des forces mystérieuses qui l'écrasaient. Il y eu "art" ensuite quand les choses qui dépendaient de nous devinrent au moins aussi nombreuses que celles qui n'en dépendaient pas. Le "visuel" commence lorsque nous avons acquis assez de pouvoirs sur l'espace, le temps et les corps pour ne plus en redouter la transcendance. Lorsqu'on peut jouer avec nos perceptions sans crainte des arrière-mondes. (p 35)

L'idole fait voir l'infini ; l'art notre finitude ; le visuel, un environnement sous contrôle. (p 37)

Par chance, les quidams meurent encore. Vous et moi. Et toujours avant l'heure. Il y aura donc encore place pour un Bacon, un Balthus, un Cremonini. Un Robert Besson ou un Kubrick. Tous imagiers qui veulent gagner la course contre la gueuse. Tant qu'il y a de la mort, il y a de l'espoir - esthétique. (p 37)

L'invention de la perspective géométrique (...) va rendre le regard occidental orgueilleux, et d'abord de sa perspicacité. Perspicere, c'est voir clairement et à fond. (...) Elle va permettre d'éclairer, donc d'évacuer, les mystères, les doubles fonds du visible dans une transparence purement humaine. (p 250)

Et vous, l'avez-vous lu ?

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