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jeudi, 09 janvier 2014

Baudrillard : Mots de passe

Jean Baudrillard : Mots de passe

Jean Baudrillard est un sociologue et un philosophe incontournable pour tout étudiant en communication et publicité (entre autres !). 
Et ceci, à cause de deux ouvrages importants : Le système des objets (1968) et La Société de consommation (1970).
Dans son livre Mots de passe (2000), Jean Baudrillard présente de façon synthétique sa pensée sous forme d'abécédaire : L'objet, la valeur, l'échange symbolique, la séduction, l'obscène, la dualité, le virtuel...

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Concernant la "virtualisation" de notre monde, il écrit : "Il y a aujourd'hui une véritable fascination pour le virtuel et toutes ses technologies. S'il est véritablement un mode de disparition, ce serait un choix - obscur, mais délibéré - de l'espèce elle-même : celui de se cloner corps et biens dans un autre univers, de disparaître en tant qu'espèce humaine à proprement parler pour se perpétuer dans une espèce artificielle qui aurait des attributs beaucoup plus performants, beaucoup plus opérationnels. Est-ce l'enjeu ? (...)

Maintenant, le virtuel est ce qui tient lieu de réel, c'en est la solution finale dans la mesure où, à la fois, il accomplit le monde dans sa réalité définitive et il en signe la dissolution."

On peut penser, bien entendu, à des concepts du type "réalité augmentée".
 Notons que la pensée de Baudrillard et en particulier son ouvrage Simulacres et Simulation ont inspiré les frères Wachowski pour leur film Matrix.

"Mots de passe... L’expression me semble assez bien dessiner une façon quasi initiatique d’entrer à l’intérieur des choses, sans pour autant en dresser un catalogue. Car les mots sont porteurs, générateurs d’idées, plus encore, peut-être, que l’inverse. Opérateurs de charme, opérateurs magiques, non seulement ils transmettent ces idées et ces choses, mais eux-mêmes se métaphorisent, se métabolisent les uns dans les autres, selon une sorte d’évolution en spirale. C’est ainsi qu’ils sont passeurs d’idées."

 

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Article Wikipédia sur Jean Baudrillard



Publié dans Philosophie et Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : baudrillard, mots de passe |  Facebook | | | | Pin it! | | Dubois Jean-Pierre |

vendredi, 09 août 2013

Ouvrages de réflexion recommandés

Quelques ouvrages de réflexion dont certains incontournables - permettant de consolider sa culture générale et ses capacités d'analyse.

 

La chambre claire - Roland Barthes

La chambre claire - Note sur la photographie - Roland Barthes

 

Mots de passe - Jean Baudrillard

Mots de passe - Jean Baudrillard -  En savoir plus

 

La société de consommation - Jean Baudrillard

La société de consommation - Jean Baudrillard - Article éclairant sur www.3-com

 

Le système des objets - Jean Baudrillard

Le système des objets - Jean Baudrillard 

 

Le Feu sacré - Fonctions du religieux - Régis Debray

Le Feu sacré - Fonctions du religieux - Régis Debray

 

Le Feu sacré - Fonctions du religieux - Régis Debray

Vie et mort de l'image - Une histoire du regard en Occident - Régis Debray 

 

Les puissances de l'image - René Huygue

Les puissances de l'image - René Huygue 

 

Bouillon de culture - Lussato et Messadié

Bouillon de culture - Lussato et Messadié 

 

duction à la pensée complexe - Edgar Morin

Introduction à la pensée complexe - Edgar Morin - En savoir plus

 

La réalité de la réalité - Confusion, désinformation, communication - Paul Watzlawick

La réalité de la réalité - Confusion, désinformation, communication - Paul Watzlawick

 

l'invention de la réalité - Watzlawick

L'invention de la réalité - Contributions au constructivisme 
Sous la direction de Paul Watzlawick

 

Comment réussir à échouer - Trouver l'ultrasolution  - Paul Watzlawick

Comment réussir à échouer - Trouver l'ultrasolution  - Paul Watzlawick

 

Le bluff technologique - Jacques Ellul

Le bluff technologique - Jacques Ellul

 

 

mardi, 23 juin 2009

Morin : Introduction à la pensée complexe

Introduction à la pensée complexe

Le concept de complexité est issu des travaux de Wiener et Ashby sur la cybernétique, en 1947.
Celle-ci se proposait de faire collaborer des biologistes, des électroniciens, des psychologues et des physiciens pour étudier les systèmes complexes, leur dynamique et les phénomènes d’auto-organisation auxquels ils donnent lieu.
C’est donc avec les fondateurs de la cybernétique, que la complexité est entrée véritablement en scène dans la science.

Notons que dans son principe, la cybernétique peut être appliquée à l’étude des phénomènes physiques, biologiques ou sociaux.

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Dans son livre paru en 2005, Introduction à la pensée complexe, Edgar Morin propose une nouvelle pensée, un nouveau paradigme, capable de relever les défis de la complexité aux niveaux de la physis, de la biologie et de l'anthropologie.

L'objectif d'Edgar Morin, sociologue, philosophe et épistémologue est de mieux cerner et comprendre nos personnes, notre humanité et notre monde.
Il le fait avec lucidité, énonçant que “Toute théorie, y compris scientifique, ne peut épuiser le réel, et enfermer son objet dans ses paradigmes.”
Voici quelques extraits de ce petit livre (158 pages) riche et dense pour les idées développées mais accessible par son écriture fluide et didactique.

 

Problématique

Nous demandons à la pensée qu'elle dissipe les brouillards et les obscurités, qu'elle mette de l'ordre et de la clarté dans le réel, qu'elle révèle les lois qui le gouvernent.
Le mot de complexité, lui, ne peut qu'exprimer notre embarras, notre confusion, notre incapacité à définir de façon simple, à nommer de façon claire, à ordonner nos idées.
Sa définition première ne peut fournir aucune élucidation : est complexe ce qui ne peut se résumer en un maître mot, ce qui ne peut se ramener à une loi ni se réduire à une idée simple.
La complexité est un mot problème et non un mot solution.

Qu'est-ce que la complexité ?

C’est avec Wiener, Ashby, les fondateurs de la cybernétique, que la complexité entre véritablement en scène dans la science. C'est avec von Neumann que, pour la première fois, le caractère fondamental du concept de complexité apparaît dans la liaison avec les phénomènes d'auto-organisation.

Qu'est-ce que la complexité ? À première vue, c'est un phénomène quantitatif, l'extrême quantité d'interactions et d'interférences entre un très grand nombre d'unités. En fait, tout système auto-organisateur (vivant), même le plus simple, combine un très grand nombre d'unités de l'ordre de milliards, soit de molécules dans une cellule, soit de cellules dans l'organisme (plus de 10 milliards de cellules pour le cerveau humain, plus de 30 milliards pour l'organisme).

Mais la complexité ne comprend pas seulement des quantités d'unités et interactions qui défient nos possibilités de calcul ; elle comprend aussi des incertitudes, des indéterminations, des phénomènes aléatoires. La complexité dans un sens a toujours affaire avec le hasard.

Ainsi, la complexité coïncide avec une part d'incertitude, soit tenant aux limites de notre entendement, soit inscrite dans les phénomènes.
Mais la complexité ne se réduit pas à l'incertitude, c'est l'incertitude au sein de systèmes richement organisés. Elle concerne des systèmes semi-aléatoires dont l'ordre est inséparable des aléas qui les concernent.
La complexité est donc liée à un certain mélange d'ordre et de désordre, mélange intime, ...
(pages 48-49 - Chapitre : Le dessin et le dessein complexes)

Application sociale de la complexité

Le deuxième principe (qui peut nous aider à penser la complexité) est celui de récursion organisationnelle. (...)
Un processus  récursif est un processus où les produits et les effets sont en même temps causes et producteurs de ce qui les produit.
On retrouve l'exemple de l'individu, de l'espèce et de la reproduction. Nous, individus, nous sommes les produits d'un processus de reproduction qui est antérieur à nous. Mais une fois que nous sommes produits, nous devenons les producteurs du processus qui va continuer.

Cette idée est valable aussi sociologiquement.
La société est produite par les interactions entre individus, mais la société, une fois produite, rétroagit sur les individus et les produit.
S'il n'y avait pas la société et sa culture, un langage, un savoir acquis, nous ne serions pas des individus humains.
Autrement dit, les individus produisent la société qui produit les individus. Nous sommes à la fois produits et producteurs. L'idée récursive est donc  une idée en rupture avec l'idée linéaire de cause/effet, de produit/producteur, de structure/superstructure, puisque tout ce qui est produit revient sur ce qui le produit dans un cycle lui-même auto-constitutif, auto-organisateur et auto-producteur.
(pages 99-100 - Chapitre : Le paradigme de complexité)

Le paradoxe de l'autonomie

La notion d'autonomie humaine est complexe puisqu'elle dépend de conditions culturelles et sociales. Pour être nous-mêmes, il nous faut apprendre un langage, une culture, un savoir, et il faut que cette culture elle-même soit assez variée pour que nous puissions nous-même faire le choix dans le stock des idées existantes et réfléchir de façon autonome.
Donc cette autonomie se nourrit de dépendance ; nous dépendons d'une éducation, d'un langage, d'une culture, d'une société, nous dépendons bien entendu d'un cerveau, lui-même produit d'un programme génétique, et nous dépendons aussi de nos gènes.
(page 89 - Chapitre : Le paradigme de complexité)

 

En savoir plus

Article Wikipedia sur la pensée complexe

Article Wikipedia sur Edgar Morin

L'Association pour la Pensée Complexe