mercredi, 01 mai 2013
La polysémie
La polysémie
Les ressources créatives de la polysémie
Dans certaines conditions de communication, les mots et les énoncés doivent avoir une signification unique, monosémique (fonction référentielle de Jakobson).
Dans d'autres cas, en littérature, en journalisme ou en publicité, on recherche au contraire la pluralité des significations, ou polysémie qui est productrice de style (fonction esthétique ou poétique de Jakobson).
Un mot est polysémique lorsqu'il porte au moins deux significations.
Le mot rouge par exemple renvoie à la couleur, à l'indien "peau rouge", au vin, au communiste.
Certains mots changent de signification en fonction du contexte : un "amateur" peut désigner un spécialiste averti (un amateur d'art) ou un débutant inexpérimenté (un guitariste amateur).
La polysémie est souvent utilisée par les humoristes pour ses effets comiques. C'est elle qui est à la source des quiproquos (quid pro quod : qui pour quoi ou quelque chose pour quelque chose), c'est-à-dire des malentendus et des confusions.
Les journalistes ont également recours à la polysémie afin de créer des titres originaux :
Grenelle de l'environnement
Les germes d'une révolution verte
Il faudrait 11 milliards pour restaurer les monuments historiques
Le patrimoine, c'est la ruine
Renault met l'emploi sur une voie de garage
Tabac : les buralistes n'ont pas grillé toutes leurs cartouches
La polémique enfle autour du nouveau système d'immatriculation
Une réforme à côté de la plaque
Quelques exemples publicitaires.
La nature polysémique de certains mots peut engendrer une ambiguïté
(de plus ou moins bon goût).
Opel : "Taquinez-moi, défiez-moi, domptez-moi, désirez-moi, testez-moi, essayez-moi pendant trois jours de liberté.”
Agence Native
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mardi, 05 mars 2013
Zeugme ou zeugma
Le zeugma ou zeugme (joug, lien, en grec) est une figure de style.
Le procédé, appelé parfois attelage, consiste à rattacher grammaticalement deux ou plusieurs noms à un adjectif ou à un verbe qui ne se rapporte en fait qu'à l'un des noms.
L'effet est étrange, surprenant, parfois poétique : " L'air était plein d'encens et les prés de verdure " (Victor Hugo).
Lorsque deux membres d'une phrase sont parallèles, le zeugma permet de faire un raccourci en évitant de répéter un élément commun.
" L'un poussait des soupirs, l'autre des cris perçants ", ici, poussait est sous entendu.
" La gare était pleine de gens, la rue de voitures, la ville de rumeur ", dans cet exemple, le mot pleine n'est pas répété.
Le zeugma peut créer un effet particulièrement amusant et constituer une faute grave lorsque les deux mots liés syntaxiquement sont incompatibles.
Par exemple, lorsque l'un est abstrait et l'autre concret. Dans ce cas, on le nomme zeugme sémantique ou encore attelage : "Retenez cette date et une place dans le train".
Certains de nos grands auteurs s'y sont laissé prendre :
"Vêtu de probité candide et de lin blanc" (V. Hugo).
"L’âme sans épouvante, et les pieds sans souliers !" (V. Hugo).
"En achevant ces mots, Damoclès tira de sa poitrine un soupir et de sa redingote une enveloppe jaune et salie " (Gide).
"Je prends mon courage à deux mains et ma malle par l'anse" (Jules Vallès).
"Napoléon prit du ventre et beaucoup de pays" (Jacques Prévert).
Certains zeugmes entraînent une anacoluthe, c'est-à-dire une franche rupture dans la construction de la phrase :
"A défaut de sonnette, ils tirent la langue" (Valéry).
Les irrésistibles effets comiques du zeugma ne manquent pas d'être exploités par les humoristes et amateurs de bons mots :
"L'inspecteur Poileau Luc s'enfonça dans le brouillard et un clou dans la fesse droite" (Pierre Dac).
"Il parlait en anglais et en gesticulant" (Frédéric Dard).
"Il baissa sa culotte et dans mon estime" (Maryz Courberand).
"Il remonta ma culotte et son réveille-matin" (M. Courberand).
"Il reprit sa respiration et du ris de veau" (San-Antonio).
Plus périlleux encore, Pierre Desproges, tente le double zeugma dans son " Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis " : "Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane".
Pour terminer cet article et en beauté, je vous en livre quelques-uns de mon cru.
"Il plongea dans ses pensées et sa main dans la poche, et en ressortit des souvenirs amers et un couteau suisse. Il entendait bien imposer son point de vue et le téléphone qui sonnait dans la pièce à côté, alors il tira une bouffée de sa cigarette et les conséquences qui s'imposaient".
Sources
Il baissa sa culotte et dans mon estime - Maryz Courberand - Mots et Cie
Pour tout l'or des mots - Claude Gagnière - Robert Laffont
Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des biens nantis - Pierre Desproges - Le Seuil
http://www.hku.hk/french/dcmScreen/lvdv/lvdv_tropes_g_z.h...
http://www.lettres.net/files/zeugma.html
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lundi, 24 septembre 2012
Sigles et acronymes
Contrairement à ce que pensent ma concierge et quelques directeurs de la communication mal informés, un sigle n’est pas un logotype.
Le sigle étant des lettres initiales employées comme signe abréviatif, on procède à une siglaison lorsque l’on transforme "Paysage Audiovisuel Français" en gracieux PAF.
Avez-vous remarqué combien les sigles baignaient notre quotidien de leurs sons euphoniques et euphoriques ? H.L.M., T.V.A., S.N.C.F., T.C.L., C.G.T., R.T.T., D.R.H., T.G.V., …
Le jargon de la mercatique et de la communication procède quant à lui à un élevage intensif : U.S.P., B.A.T., P.L.V., I.L.V., V.P.C., A.A.C.C., N.T.I.C., B.V.P., P.A.O., C.S.P., P.Q.R., A.R.P.P., C.S.A., P.T.C., etc.
Il arrive parfois que les initiales d’un sigle vivent une fougueuse coalescence. C’est-à-dire qu’elles se touchent, ou si vous préférez, elles se rencontrent. Et là, devinez ce qui arrive ? Le sigle devient un acronyme (ma concierge n’en croit pas ses oreilles). Du coup, le sigle se prononce comme un mot ordinaire: AFAQ, AFNOR, ASSEDIC, URSSAF, FIFA, ... et ISCOM, bien entendu !
De nombreux noms de marques sont en fait des acronymes, tels AGFA, MAAF, BRED, LU, FIAT, SEAT, SAAB, PUF, ... Qui se souvient que derrière IBM se cache l’International Business Machines ?
Notons parmi les prouesses de l’acronyme, le spectaculaire SOCRATE (système de réservation de la SNCF): Système Offrant à la Clientèle la Réservation d’Affaires et de Tourisme en Europe. Une raison supplémentaire de boire la ciguë !
Certains sigles, devenus acronymes, font leur entrée dans le dictionnaire et finissent leur carrière comme nom commun. Par exemple, le LASER, qui comme tout le monde le sait, signifie: Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation. Ou encore le RADAR (qui vous surveille sournoisement dans nos villes et nos campagnes) RAdio Detecting And Ranging.
Tiens ma concierge est retournée devant sa TV regarder ONPP.
C.Q.F.D.
J.P.D.
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vendredi, 21 septembre 2012
Les mots-valises
Un mot-valise est un mot fantaisiste, à base de jeu de mots, formé par la fusion d'au moins deux autres mots comme le célèbre terme franglais.
Dans le mot-valise, les mots se télescopent additionnant leur signification, créant de nouveaux sens.
Ces nouveaux mots, imaginaires, parfois poétiques, souvent humoristiques, enrichissent la langue en la bousculant.
Les écrivains ne négligent pas les ressources des mots-valises, tel Edmond Rostand qui a créé ridicoculiser en croisant ridiculiser et cocu.
Le jeu avec les mots-valises peut devenir définitionnel.
Le mot créé s'accompagne alors d'une définition bien tournée ajoutant à l'effet comique :
Testicubes : testicules carrés.
Merdiateur : homme de médias faisant n'importe quoi.
Dans son livre Petit fictionnaire illustré, Alain Finkielkraut nous propose :
Altipute : prostituée des stations de sports d'hiver.
Eauverdose : torpeur hallucinée de celui qui a séjourné trop longtemps dans le bassin d'une piscine.
Macdolescence : jeunesse irrespectueuse de la tradition gastronomique française.
Spontaré : qui profère des inepties sans avoir à forcer sa nature.
Et aussi dans son livre Ralentir : mots-valises !
Constipassion : amour timide, qui n'arrive pas à se déclarer
Gorespondance : échange de nouvelles entre deux cochons.
Alain Créhange a produit de nombreux bâtards à la langue françaises, recueillis dans Le Pornithorynque est un salopare (2004) et dans un second volume L'Anarchiviste et le biblioteckel (2006).
Bref aperçu sur ses créatures hybrides :
Aïoligator : grand reptile qui vit sur les côtes de la Provence et se nourrit de morue, de légumes et de mayonnaise à l'ail.
Gauchemarder : pour un homme politique de droite, rêver que ses adversaires détiennent tous les pouvoirs.
Merlancolique : poisson marin vivant dans un état de déprime permanent, en raison d'une diarrhée chronique qui pollue son espace vital.
Et pour finir en honorant le Verbe :
Verboriste : commerçant qui vend des mots pour guérir les maux.
Quelques mots-valises de Gérard Charbit et Jacques Serguine.
Archipelles : chapelet de baisers.
Crucifiction : histoire de revenant.
Pepsichanayste : consulte sur cocanapé.
Prémiss : jeune fille en fleur.
Tropmathisé : souffre de calculs.
Site perso d'Alain Créhange
Site pédagogique de l'académie Nancy-Metz
Les publicitaires, eux aussi, recourent aux effets surprenants
des mots-valises.
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dimanche, 16 octobre 2011
La coquille pytographique
Humour - La coquille pytographique
Une coquille est une erreur de composition en typographie.
Il peut s'agir d'une interversion entre deux lettres ou de la substitution d'un ou de plusieurs caractères.
Parfois ce sont les syllabes qui sont inversées.
Quand une lettre ou une partie de texte sont oubliés on parle de "bourdon".
Dans de nombreux cas l'effet est risible. À vous d'en juger...
"Connais-toi toi même", comme disait Sacrote.
Animé par plusieurs croupes de majorettes.
Les juges, trouvant la faute légère, n'ont condamné le pauvre diable qu'à huit jours d'empoisonnement.
La victime a été assassinée avec un instrument confondant.
La pêche au chocolat (cachalot).
Les jeunes filles se trémoussent sur les gredins.
Pardonnez-moi, ô mon Dieu, de vous avoir enfoncé.
Jeux et autres activités lubriques ont remporté un vif succès.
Ce soir au théâtre : Les Livraisons dangereuses
La ruse a été éventrée
Il s'est même attiré les foutres de son propre parti.
Les dépités socialistes n'ont pas réagi.
Elle se heurta au vélo de l'Administration.
Il s'agit d'une cabane montée par l'opposition.
Au mieux, il sera mis en ballonnage.
Tous portaient une crêpe à la boutonnière.
On le juge incapable de porter les aspirateurs de la classe ouvrière.
Le centre culturel proposait un concert de musique douche.
La formation se composait d'une contrebasse et de deux clapiers
Le duo comprenait un violoniste et une harpie
Une slave d'applaudissements a salué cette prestation
Les tambours jouaient en sardine.
L'arrestation s'est opérée sans infusion de sang.
Aujourd'hui à Besançon, Le Misantripe de Molière
Des fientes très habiles lui permirent de prendre le dessus.
Il rempote brillamment l'étape.
Ils vont s'attaquer à la Transatlantique en sanitaire.
Le recrutement de nouveaux membres est un sujet éternellement récurant.
Rendez-vous au bocal habituel.
Voir également
Perles et bourdes de journalistes.
Sources
Le Sottisier des journalistes - Philippe Mignaval - France Loisirs
Sites web
Coquilles célèbres ou curieuses.
Le Linguophile.
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samedi, 09 juillet 2011
Bibliographie symbolisme
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jeudi, 10 mars 2011
La mode de l'euphémisme
Du grec euphemismos, eu (bien) et phêmê (parole), un euphémisme est une figure de rhétorique qui consiste à atténuer une expression trop directe ou une idée désagréable.
Ainsi de quelqu'un de mort, on dira qu'il a disparu. Moins précis certes, mais moins douloureux aussi… question de bienséance. Contrairement au dicton populaire, on ne peut donc pas toujours "appeler un chat un chat" .
Dans nos sociétés technocratiques, adeptes du jargon médiatico-administratif, et ces dernières années du "politiquement correct", la figure de l'euphémisme prospère généreusement au fil des déclarations gouvernementales et des communiqués institutionnels.
On se souviendra du symptomatique et progressiste technicien de surface remplaçant le trivial balayeur.
Ainsi vaut-il mieux être demandeur d'emploi plutôt que chômeur, appartenir au troisième âge plutôt qu'être vieux et être malentendant plutôt que sourd.
Sur la base de cette logique, Coluche proposait que les imbéciles puissent être traités, avec affabilité, de malcomprenants !
Depuis peu d'ailleurs, les demandeurs d'emploi sont devenus des "ressources humaines disponibles" dixit J.L. Borloo.
Quelques euphémismes poussent le vice jusqu'à devenir des sigles anodins :
Faire une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse est bien moins choquant que de procéder à un «brutal» avortement.
Être SDF (Sans Domicile Fixe), banalise une cruelle réalité, celle d'être contraint de vivre dans la rue.
L'euphémisme est réquisitionné d'office par l'armée (la Grande Muette) et apprécié en temps de guerre pour ses vertus anesthésiantes.
Les récents affrontements au Moyen-Orient nous ont apporté les «frappes chirurgicales» pour bombardements plus ou moins ciblés, les «dégâts collatéraux» pour morts de civils innocents, les «balles perdues» pour erreur de tir et les «tirs amis» pour grosses boulettes !
L'utilisation abusive d'euphémismes permet de ne pas contrarier les «bien-pensants» et d'éviter vagues et remous.
Les situations anormales, choquantes ou plus simplement inquiétantes peuvent être ainsi plus facilement admises par la société.
Rappelons que depuis l'Antiquité, les figures de style ne sont pas innocentes mais au service de la rhétorique (art de persuader). Il convient de rester vigilant et de chercher à comprendre la manipulation : à qui profite le nouvel euphémisme ?
Conclusion dans la bonne humeur.
Le monde de l'éducation est lui aussi consommateur d'euphémismes, en particulier dans les appréciations portées sur les bulletins par les enseignants soucieux de ménager élèves et parents. Le site planete-enseignant.com propose quelques formules atténuées. Morceaux choisis :
Un cancre : Un élève en difficulté.
Il dort en classe : Il connaît un léger décalage horaire et son horloge biologique semble réglée sur l'heure estivale de l'hémisphère sud.
Il est nul : Les objectifs pédagogiques sont inadaptés à ses potentialités, mais sa marge de progression n'en demeure pas moins substantielle.
Il est bête : Ses connexions cervicales ne sont pas encore toutes assurées, mais le processus de réflexion devrait connaître un déblocage imminent.
Il ne sait rien : L'imprégnation cognitive résiduelle n'est pas encore quantifiable, mais on constate des progrès méthodologiques dans l'ouverture du cartable.
Il fait des bêtises : Son manque de maturité implique des comportements déviants peu propices à maintenir son attention et son sérieux.
Sources
http://www.planete-enseignant.com/humour/blagues/consult-blague.asp
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samedi, 15 janvier 2011
Perles et bourdes de journalistes
Humour - Perles et bourdes de journalistes

Nationale ou régionale,
quand la presse est trop pressée,
la rédaction dérape
dans les perles et les boulettes…
Les cégétistes de Playtex recherchent un soutien.
(Dauphiné libéré, juillet 1982.)
Cette attaque frappe les hommes politiques mais aussi les honnêtes gens.
Les kinés se sont massés contre les grilles de la préfecture.
Vers 18h 30, la brigade canine arrive. Tout le monde est sur les dents. (La Voix du Nord, 25/02/1995.)
Après avoir récupéré la caisse de la boutique, les hommes cagoulés ont pris la fuite au volant d'une moto...
(Le Progrès de Lyon.)
Deux chiens crient « au feu » et sauvent leur maîtresse.
Le conduit a pris feu dans la nuit. Cette dame avait pourtant été ramonée récemment.
Ils ont seulement aperçu un coq de gruyère.
M. R. remercie les pompiers et toutes les personnes qui ont pris part à l'incendie de sa grange.
Suite au feu vert du préfet, l'alerte rouge a été proclamée.
Lorsqu’il ouvrit la porte, une épaisse fumée et une chaleur insupportable lui glacèrent le sang.
Ils ont alors retrouvé par hasard le cadavre d'un mort.
L'arrestation s'est opérée sans infusion de sang.
Il y aura un appareil de réanimation dernier cri.
(Le Courrier Picard.)
La conférence sur la constipation sera suivie d'un pot amical. (Ouest-France, 12/08/1995.)
Deux conducteurs étaient interpellés par les gendarmes en état d'ivresse. (Var Matin, 13/07/1994.)
Tampax : le nouveau coup de sang de la CGT.
(La Nouvelle République de Tours, 05/01/1994.)
C'est un chasseur, qui ne voulant pas rentrer bredouille, s'est tué.
Le mystère de la femme coupée en morceaux reste entier.
(Est-Éclair.)
Dans le Sud-Est, la grève de l'essence fait tache d'huile.
(Nord-Éclair, septembre 1975.)
Pour un trou de 25 millions dans sa comptabilité, le Consortium du gruyère comparaît en correctionnelle.
(Nouvelle République du Centre-Ouest.)
Margaret renonce à Peter.
(France-Soir, 1er novembre 1955.)
Sources
Pour tout l'or des mots - Claude Gagnière - Robert Laffont
Sites web
http://www.kilucru.com/pages/perlpres.htm
http://phortail.org/blagues/perles-1248.html#ici
http://www.kroniquent.com/humour/betisiers/journalistes.h...
http://linguophile.free.fr/menu.htm
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lundi, 15 mai 2006
Etymologie : le seigneur des bijoux
Le mot bijou date du XVIe siècle. Il vient du breton bizou "anneau pour le doigt". En breton un biz est un doigt.
Bijou a donné bijoutier qui à l’origine, au XVIIe siècle signifiait "qui aime les bijoux" et bijouterie. Peu à peu, bijou a partiellement éliminé joyau.
L'origine de "l'objet" bijou se perd dans la nuit des temps.
Les tombes préhistoriques sont en effet riches de bijoux en coquillages, ivoire, dents, pierres perforées et pierres précieuses.
Initialement le bijou était un talisman et avait une fonction religieuse et magique : protéger contre les forces obscures et les mauvais sorts.
Le mot talisman vient du grec telesma qui signifie rite religieux. Telesma a ensuite pris la forme arabe de tilsam ou tilasm devenue talisman au XVIIe siècle.
Symboliquement, le bijou représente le pouvoir, temporel
ou spirituel, la connaissance ésotérique et bien évidemment l'amour et la passion.
D'où les nombreux sens accordés à leurs formes et matériaux.
À noter que le mot bijou appartient à la famille des 7 exceptions: hibou, pou, caillou, genou, bijou, chou et joujou, qui prennent un x au pluriel.
Robert Desnos a composé ce célèbre poème en leur honneur.
Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.
Leurs yeux d’or valent des bijoux
Leur bec est dur comme des cailloux
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux, point de genoux !
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mercredi, 22 février 2006
Etymologie : est-ce perluète ou esperluète ?

L'esperluète c'est ça : &.
Ce signe que l'on appelle également "et commercial".
C'est une ligature (signe composé de plusieurs lettres liées) entre le E et le T, qui forme une abréviation.
La plus ancienne trace figure sur un fragment de papyrus datant d'environ 45 après J.-C. dans le style de la cursive. Dès l'époque mérovingienne, ce signe est régulièrement utilisé par les scribes.
Tous les calligraphes et les grands créateurs de caractères ont ensuite perpétué cette tradition au fil des siècles. Lors de la création d'une nouvelle police de caractères, le concepteur peut en effet exprimer pleinement sa créativité et son sens artistique dans l'esperluette dont les formes sont déclinées dans une infinie variété.
Pourquoi ce nom ?
Avant le XIXe siècle, cette abréviation était intégrée à l'alphabet, en 26e position, après le Z.
Elle était prononcée à la façon latine : ète. Les écoliers qui récitaient leur alphabet terminaient ainsi : … ixe, igrec, zède, ète, et plaisantaient en ajoutant perluète, esperluète ou pirlouète. D'autres étymologies sont avancées, mais celle-ci est la plus ludique !
L'esperluète au goût du jour
Ce signe typographique, non verbal, traité en deux teintes d'orange, est le nouveau logo France Telecom.
Il a été choisi car le "et commercial" évoque la relation, la liaison et le commerce.
C'est effectivement la figure d'un nœud qui symbolise l'union.
Selon les créateurs du logo, la symbolique de l'esperluète est puissante et universelle.
Sources
Pour tout l'or des mots - Claude Gagnière
Étapes graphiques N°65
http://www.adobe.fr/type/topics/theampersand.html
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