jeudi, 22 mai 2008
Les termes performatifs
Je vous autorise à partir.
Je t'avertis. Je te promets.
Qu'ont en commun ces différentes
expressions ?
Toutes trois sont des énoncés dits "performatifs" ou "actes de langages".
C'est-à-dire, que leur énoncé constitue simultanément l'acte auquel il se réfère.
Lorsque je dis : Je vous autorise à partir, je donne l'autorisation effective d'accomplir l'action de partir.
Je t'avertis, est une information mais peut également inquiéter voire effrayer celui à qui s'adressent ces paroles.
En disant : je te promets, je m'engage dès cet instant et pour l'avenir. Ainsi les "actes de langages" ne se contentent pas de dire une chose, ils font la chose et peuvent donc être considérés à juste titre comme des actes.
Les termes "performatifs" et "actes de langage" proviennent de l'anglais "performative" et "speech acts". Ils ont été créés par deux philosophes britanniques qui ont étudiés ces fonctions particulières du langage.
J.L. Austin (1911-1960) a publié en 1962 les résultats de ses travaux dans son ouvrage : Quand dire, c'est faire où il développe l’idée selon laquelle l’acte de parole est équivalent à un comportement. De son côté, J.R. Searle a publié en 1969 le livre : Les actes de langage.
J.L. Austin, représentant de la "philosophie analytique", appartient à l'École d'Oxford. Il a orienté ses recherches vers l'examen des règles du "langage ordinaire". Il a ainsi mis en lumière des énoncés qui non seulement décrivent ou constatent mais possèdent un pouvoir spécifique auquel il donna le nom de "performatif". Austin constate : "Avec certains mots une action est aussi accomplie, par exemple avec le "oui" du mariage."
Parler une langue, c'est agir conformément
à des règles préétablies.
Les deux philosophes proposent des théories très proches dont la base peut se résumer à parler une langue, c'est agir conformément à des règles préétablies. En effet, pour être efficaces, les "actes de langage" doivent s'inscrire dans le cadre de conventions sociales déterminées. Selon Austin, "Les ordres d'un subordonné sont, par exemple, sans effet".
Les termes "performatifs" mettent en évidence les liens qui unissent la langue et la culture. Le caractère obligatoire de l'énoncé "Je te promets" engage celui qui le prononce dans la mesure où il vit dans une société ayant fixé certaines règles et ayant attaché un sens et une valeur aux actes. "La convention sociale qui attache l'obligation à l'acte de promettre est inséparable de cet acte". (O. Ducrot, De Saussure à la philosophie du langage).
Selon les cas et les personnes concernées, le même énoncé "Je viendrai demain" peut être interprété comme une promesse ou comme une menace. Dans le premier cas l'interlocuteur attendra plein d'espoir dans le second cas il se préparera à un affrontement ou prendra la fuite.
Avertir, féliciter, menacer, promettre, remercier, ordonner, permettre, faire ses excuses, sont des termes performatifs.
Sources
Le Langage - Chantal Demonque - Profil Hatier
Histoire illustrée de la philosophie - Bryan Magee - Le Pré aux clercs
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dimanche, 11 mars 2007
La coquille pytographique
Une coquille est une erreur
de composition en typographie.
Il peut s'agir d'une interversion
entre deux lettres ou de la substitution d'un ou de plusieurs caractères.
Parfois ce sont les syllabes qui sont inversées.
Quand une lettre ou une partie de texte sont oubliés
on parle de "bourdon".
Dans de nombreux cas l'effet est risible.
À vous d'en juger...
"Connais-toi toi même", comme disait Sacrote.
Animé par plusieurs croupes de majorettes.
Les juges, trouvant la faute légère, n'ont condamné le pauvre diable qu'à huit jours d'empoisonnement.
La victime a été assassinée avec un instrument confondant.
La pêche au chocolat (cachalot).
Les jeunes filles se trémoussent sur les gredins.
Pardonnez-moi, ô mon Dieu, de vous avoir enfoncé.
Jeux et autres activités lubriques ont remporté un vif succès.
Ce soir au théâtre : Les Livraisons dangereuses
La ruse a été éventrée
Il s'est même attiré les foutres de son propre parti.
Les dépités socialistes n'ont pas réagi.
Elle se heurta au vélo de l'Administration.
Il s'agit d'une cabane montée par l'opposition.
Au mieux, il sera mis en ballonnage.
Tous portaient une crêpe à la boutonnière.
On le juge incapable de porter les aspirateurs de la classe ouvrière.
Le centre culturel proposait un concert de musique douche.
La formation se composait d'une contrebasse et de deux clapiers
Le duo comprenait un violoniste et une harpie
Une slave d'applaudissements a salué cette prestation
Les tambours jouaient en sardine.
L'arrestation s'est opérée sans infusion de sang.
Aujourd'hui à Besançon, Le Misantripe de Molière
Des fientes très habiles lui permirent de prendre le dessus.
Il rempote brillamment l'étape.
Ils vont s'attaquer à la Transatlantique en sanitaire.
Le recrutement de nouveaux membres est un sujet éternellement récurant.
Rendez-vous au bocal habituel.
Voir également
Perles et bourdes de journalistes.
Sources
Le Sottisier des journalistes - Philippe Mignaval - France Loisirs
Sites web
Coquilles célèbres ou curieuses.
Le Linguophile.
13:10 Publié dans Zygomatiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, humour
lundi, 15 mai 2006
Etymologie : le seigneur des bijoux
Le mot bijou date du XVIe siècle. Il vient du breton bizou «anneau pour le doigt».
En breton un biz est un doigt.
Bijou a donné bijoutier qui
à l’origine, au XVIIe siècle signifiait «qui aime les bijoux» et bijouterie.
Peu à peu, bijou a partiellement éliminé joyau.
L'origine de «l'objet» bijou se perd dans la nuit des temps.
Les tombes préhistoriques sont en effet riches de bijoux
en coquillages, ivoire, dents, pierres perforées et pierres précieuses.
Initialement le bijou était un talisman et avait une fonction religieuse et magique : protéger contre les forces obscures
et les mauvais sorts.
Le mot talisman vient du grec telesma qui signifie rite religieux. Telesma a ensuite pris la forme arabe de tilsam ou tilasm devenue talisman au XVIIe siècle.
Symboliquement, le bijou représente le pouvoir, temporel
ou spirituel, la connaissance ésotérique et bien évidemment l'amour et la passion.
D'où les nombreux sens accordés à leurs formes et matériaux.
À noter que le mot bijou appartient à la famille des 7 exceptions: hibou, pou, caillou, genou, bijou, chou et joujou, qui prennent un x au pluriel.
Robert Desnos a composé ce célèbre poème en leur honneur.
Ce sont les mères des hiboux
Qui désiraient chercher les poux
De leurs enfants, leurs petits choux,
En les tenant sur les genoux.
Leurs yeux d’or valent des bijoux
Leur bec est dur comme des cailloux
Ils sont doux comme des joujoux,
Mais aux hiboux, point de genoux !
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samedi, 06 mai 2006
Z comme zeugma

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mercredi, 19 avril 2006
Etymologie : le palimpseste

17:10 Publié dans Etymologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, étymologie, image
lundi, 20 mars 2006
Siglaison m’était conté…

00:00 Publié dans Linguistique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, pédagogie
mercredi, 08 mars 2006
La mode de l'euphémisme
Du grec euphemismos, eu (bien) et phêmê (parole), un euphémisme est une figure de rhétorique qui consiste à atténuer une expression trop directe ou une idée désagréable. Ainsi de quelqu'un de mort, on dira qu'il a disparu. Moins précis certes, mais moins douloureux aussi… question de bienséance. Contrairement au dicton populaire, on ne peut donc pas toujours «appeler un chat un chat». Dans nos sociétés technocratiques, adeptes du jargon médiatico-administratif, et ces dernières années du «politiquement correct», la figure de l'euphémisme prospère généreusement au fil des déclarations gouvernementales et des communiqués institutionnels. On se souviendra du symptomatique et progressiste technicien de surface remplaçant le trivial balayeur. Ainsi vaut-il mieux être demandeur d'emploi plutôt que chômeur, appartenir au troisième âge plutôt qu'être vieux et être malentendant plutôt que sourd. Sur la base de cette logique, Coluche proposait que les imbéciles puissent être traités, avec affabilité, de malcomprenants ! Quelques euphémismes poussent le vice jusqu'à devenir des sigles anodins : Faire une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse est bien moins choquant que de procéder à un «brutal» avortement. Être SDF (Sans Domicile Fixe), banalise une cruelle réalité, celle d'être contraint de vivre dans la rue. L'euphémisme est réquisitionné d'office par l'armée (la Grande Muette) et apprécié en temps de guerre pour ses vertus anesthésiantes. Les récents affrontements au Moyen-Orient nous ont apporté les «frappes chirurgicales» pour bombardements plus ou moins ciblés, les «dégâts collatéraux» pour morts de civils innocents, les «balles perdues» pour erreur de tir et les «tirs amis» pour grosses boulettes ! L'utilisation abusive d'euphémismes permet de ne pas contrarier les «bien-pensants» et d'éviter vagues et remous. Les situations anormales, choquantes ou plus simplement inquiétantes peuvent être ainsi plus facilement admises par la société. Rappelons que depuis l'Antiquité, les figures de style ne sont pas innocentes mais au service de la rhétorique (art de persuader). Il convient de rester vigilant et de chercher à comprendre la manipulation : à qui profite le nouvel euphémisme ? Conclusion dans la bonne humeur. Le monde de l'éducation est lui aussi consommateur d'euphémismes, en particulier dans les appréciations portées sur les bulletins par les enseignants soucieux de ménager élèves et parents. Le site planete-enseignant.com propose quelques formules atténuées. Morceaux choisis : Un cancre : Un élève en difficulté. Il dort en classe : Il connaît un léger décalage horaire et son horloge biologique semble réglée sur l'heure estivale de l'hémisphère sud. Il est nul : Les objectifs pédagogiques sont inadaptés à ses potentialités, mais sa marge de progression n'en demeure pas moins substantielle. Il est bête : Ses connexions cervicales ne sont pas encore toutes assurées, mais le processus de réflexion devrait connaître un déblocage imminent. Il ne sait rien : L'imprégnation cognitive résiduelle n'est pas encore quantifiable, mais on constate des progrès méthodologiques dans l'ouverture du cartable. Il fait des bêtises : Son manque de maturité implique des comportements déviants peu propices à maintenir son attention et son sérieux. Sources http://www.planete-enseignant.com/humour/blagues/consult-blague.asp
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mardi, 28 février 2006
Perles et bourdes de journalistes
Nationale ou régionale,
quand la presse est trop pressée,
la rédaction dérape
dans les perles et les boulettes…
Les cégétistes de Playtex recherchent un soutien.
(Dauphiné libéré, juillet 1982.)
Cette attaque frappe les hommes politiques mais aussi les honnêtes gens.
Les kinés se sont massés contre les grilles de la préfecture.
Vers 18h 30, la brigade canine arrive. Tout le monde est sur les dents. (La Voix du Nord, 25/02/1995.)
Après avoir récupéré la caisse de la boutique, les hommes cagoulés ont pris la fuite au volant d'une moto...
(Le Progrès de Lyon.)
Deux chiens crient « au feu » et sauvent leur maîtresse.
Le conduit a pris feu dans la nuit. Cette dame avait pourtant été ramonée récemment.
Ils ont seulement aperçu un coq de gruyère.
M. R. remercie les pompiers et toutes les personnes qui ont pris part à l'incendie de sa grange.
Suite au feu vert du préfet, l'alerte rouge a été proclamée.
Lorsqu’il ouvrit la porte, une épaisse fumée et une chaleur insupportable lui glacèrent le sang.
Ils ont alors retrouvé par hasard le cadavre d'un mort.
L'arrestation s'est opérée sans infusion de sang.
Il y aura un appareil de réanimation dernier cri.
(Le Courrier Picard.)
La conférence sur la constipation sera suivie d'un pot amical. (Ouest-France, 12/08/1995.)
Deux conducteurs étaient interpellés par les gendarmes en état d'ivresse. (Var Matin, 13/07/1994.)
Tampax : le nouveau coup de sang de la CGT.
(La Nouvelle République de Tours, 05/01/1994.)
C'est un chasseur, qui ne voulant pas rentrer bredouille, s'est tué.
Le mystère de la femme coupée en morceaux reste entier.
(Est-Éclair.)
Dans le Sud-Est, la grève de l'essence fait tache d'huile.
(Nord-Éclair, septembre 1975.)
Pour un trou de 25 millions dans sa comptabilité, le Consortium du gruyère comparaît en correctionnelle.
(Nouvelle République du Centre-Ouest.)
Margaret renonce à Peter.
(France-Soir, 1er novembre 1955.)
Sources
Pour tout l'or des mots - Claude Gagnière - Robert Laffont
Sites web
http://www.kilucru.com/pages/perlpres.htm
http://phortail.org/blagues/perles-1248.html#ici
http://www.kroniquent.com/humour/betisiers/journalistes.h...
http://linguophile.free.fr/menu.htm
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mercredi, 22 février 2006
Etymologie : est-ce perluète ou esperluète ?
L'esperluète c'est ça : &.
Ce signe que l'on appelle également "et commercial".
C'est une ligature (signe composé de plusieurs lettres liées) entre le E et le T, qui forme une abréviation.
La plus ancienne trace figure sur un fragment de papyrus datant d'environ 45 après J.-C. dans le style de la cursive. Dès l'époque mérovingienne, ce signe est régulièrement utilisé par les scribes.
Tous les calligraphes et les grands créateurs de caractères ont ensuite perpétué cette tradition au fil des siècles. Lors de la création d'une nouvelle police de caractères, le concepteur peut en effet exprimer pleinement sa créativité et son sens artistiques dans l'esperluette dont les formes sont déclinées dans une infinie variété.
Pourquoi ce nom ?
Avant le XIXe siècle, cette abréviation était intégrée à l'alphabet, en 26e position, après le Z.
Elle était prononcée à la façon latine : ète. Les écoliers qui récitaient leur alphabet terminaient ainsi : … ixe, igrec, zède, ète, et plaisantaient en ajoutant perluète, esperluète ou pirlouète. D'autres étymologies sont avancées, mais celle-ci est la plus ludique !
L'esperluète au goût du jour
Ce signe typographique, non verbal, traité en deux teintes d'orange, est le nouveau logo France Telecom.
Il a été choisi car le "et commercial" évoque la relation, la liaison et le commerce.
C'est effectivement la figure d'un nœud qui symbolise l'union.
Selon les créateurs du logo, la symbolique de l'esperluète est puissante et universelle.
Sources
Pour tout l'or des mots - Claude Gagnière
Étapes graphiques N°65
http://www.bleu.net/esperluette/info00.htm
http://www.adobe.fr/type/topics/theampersand.html
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