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lundi, 13 juillet 2009

Image et sensations

Image et sensations
 
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On peut admettre comme définition de l'image que celle-ci est un objet technique fabriqué pour susciter chez celui qui la regarde une émotion ou une réaction.

Les objectifs visés par le réalisateur ou émetteur de l'image peuvent être d’ordre informatif, pratique, artistique, religieux, idéologique, économique, etc.
Dans son livre Vie et mort de l'image, Debray Régis précise le pouvoir des images, ce qu'il nomme leur énigmatique trivialité:
«Comme il y a des mots qui blessent, tuent, enthousiasment, soulagent, etc., il y a des images qui donnent la nausée, la chair de poule, qui font frémir, saliver, pleurer, bander, gerber, décider, acheter telle voiture, élire tel candidat plutôt que tel autre, etc.»
Face à un bombardement quotidien d'images, la plupart de celles-ci retiennent à peine notre attention d'autres font «mouche» et nous «touchent» durablement.
Certaines, véritables engrammes, s'installent définitivement dans notre mémoire sous forme d'images mentales.

Lire une image est un acte culturel nécessitant plusieurs années de pratique.
En effet, nous sommes actifs dans la lecture d’une image qui n’est jamais, quoi qu'on en pense, quelque chose de naturel. Notre perception des couleurs, des lignes et les formes est déterminée culturellement. En tant que récepteur nous projetons sur celle-ci ce que nous pensons et ressentons.
La lecture d’une image fait ainsi appel à nos capacités intellectuelles mais aussi affectives.
De plus, une image est bien souvent polysémique.
Décrypter une image est donc une activité privée,
et chaque interprétation personnelle est donc à relativiser.

Les 7 sensations de l'image
Dans le premier chapitre de son livre Communiquer par l’image, consacré au potentiel des images, Alain Joannès hiérarchise
les fonctions et explicite le langage spécifique des images.
Cette approche sensitive est un outil de déchiffrement précieux pour tout «regardeur» désireux d'aller au-delà de la surface de l'image.

1 - La taille
C’est la première sensation que procure une image.
Choisir la dimension d’une image, c’est fixer à l’avance un certain type de relation entre cette image et le spectateur (écrasement, domination, intimité, secret...)

2 - La proxémie
Elle exprime une distance conventionnellement suggérée entre le sujet et le spectateur.
L’impression d’être trop près peut être ressentie comme une nuisance ou relever de la confidence.
Les sensations d’intimité ou de gêne sont déjà des contenus. (La proxémie s’exprime selon 4 zones,
du plus éloigné au plus proche : zone publique, zone sociale, zone personnelle, zone intime).

3 - La luminosité
Elle renvoie aux expériences primaires du jour et de la nuit, du clair et du sombre.
À ces expériences sont associés le visible et l’invisible, l’évidence et le mystère.
Envisager une image lumineuse, c’est déjà injecter un contenu rassurant, attractif ; prévoir une image sombre,
c’est lui affecter un message d’angoisse.

4 - La coloration
La coloration installe une atmosphère qui est déjà un message bien avant que soient perceptibles les valeurs
symboliques de chaque teinte.
Une image qui comporte beaucoup de couleurs dit qu’elle est à la fois luxuriante et complexe.
Ce qui implique «appétence» ou «fatigue visuelle», «fascination» ou «méfiance».

5 - La composition
Le cadrage (large ou resserré) et l’angle de vision (plongée, contre-plongée) conditionnent notre vision.
La représentation d’un sujet volumineux enserré dans les limites de l’image provoque une sensation d’étouffement.
Une composition fractionnée et chaotique oscille entre la prolifération, le grouillement, la confusion.
Une perspective large et aérée est associée à l’idée de liberté, d’espace et de respiration.

6 - La dynamique
Les lignes de forces sont des lignes visibles qui structurent la composition d’une image. Elles correspondent à des lignes simples (arête d’un mur, courbes d’un corps, ligne d’horizon) qui parcourent la photographie ou le tableau.
Les lignes de forces ou lignes directrices permettent de guider l’œil vers le sujet principal.
Une image dont les lignes de forces sont parfaitement verticales ou horizontales dénote la stabilité mais aussi
la rigidité voire la monotonie.
Lorsque ces mêmes lignes sont obliques, l’esprit comprend «instabilité» et, selon le sujet, «envol» ou «chute», qui peuvent se décliner en «essor ou «déclin».

7 - La texture
La texture est un code qui fournit le degré de réalisme ou d’idéalisation d’une image.
Peindre la texture d’un objet ou d’un matériau, c’est représenter son apparence matérielle.
Le peintre adapte ses outils et ses gestes à l’effet désiré. Il transcrit visuellement une sensation tactile, le “perceptible” : boucles pelucheuses de la laine, veines satinées du bois, froideur translucide du marbre, ...
La touche picturale est la façon de poser la peinture sur le support, caractérisée par l’outil et le geste : morcelée ou unie, hachurée ou plate, fine ou épaisse, ...
La photographie gastronomique propose par exemple des textures précises pour suggérer la consistance d’un mets.



Sources
Communiquer par l’image - Alain Joannès - Dunod - page 6
Le blog Communiquer par l'image d'Alain Joannès.
Vie et mort de l'image - Régis Debray - Gallimard

 

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Publié dans Rhétorique et spécificités de l'image | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : image, sensations, regis debray, alain joannès, communication |  Facebook | | | | Pin it! | | Dubois Jean-Pierre |