dimanche, 13 juillet 2008

Images abyssales

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La mise en abyme (ou en abîme) consiste à incruster une image en elle-même, un motif dans le motif lui-même, etc. L'idée d'abîme renvoie à un gouffre insondable. Et c'est bien ce qui se passe quand, par exemple, on se regarde, face à un miroir en ayant également un miroir derrière nous. Notre image se multiplie alors à l'infini.
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Mirror, mirror - Dessin de Laurie Lipton
Lanvin - Rumeur À l'origine, il s'agit d'un terme d'héraldique qui désigne le point central d'un écu lorsque ce point figure lui-même un écu. Ce procédé d'inclusion d'un élément dans lui-même est fréquent dans de nombreuses formes artistiques : le tableau dans le tableau, le récit dans le récit, le théâtre dans le théâtre, le cinéma dans le cinéma, … Les «poupées russes», qui s'emboîtent les unes dans les autres, présentent une mise en abyme connue de tous. En graphisme, la plus célèbre mise en abyme est celle de la boîte de "Vache qui rit" sur laquelle une vache porte des boucles d'oreilles qui elles mêmes sont des boîtes de "Vache qui rit", … Peut-être est-ce la raison de son hilarité ?
CartCom Ville de Romans - 2008
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Publicité Time Krizia - 2003
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Pochette du disque "Ummagumma" de Pink Floyd
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Affiche du film "Memento"
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Tableau de Dali "La Guerre"
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Tableau de Van Eyck "Les époux Arnolfini". Sur le mur du fond, dans le miroir, le reflet du peintre lui-même !

jeudi, 28 février 2008

Photographes publicitaires

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Richard Avedon - Hermès (2004).
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Guy Bourdin - Brooklin bridge.
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Dimitri Daniloff - Festina.
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François Gillet - Bonne Maman (1995).
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Jean-Paul Goude - Chanel N°5 (1999).
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Jean-Paul Goude - Galeries Lafayettes - Lingerie (2002)
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Marc Gouby - RATP.
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Henrik Halvarsson - Diesel Nature (2004).
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Daniel Jouanneau - Chanel 5 (1977).
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Dirk Karstens - Gordon's London Dry gin.
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Peter Knaup - Lindt.
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Nick Knight - Dior (2006).
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Nick Knight - Dior Dune.
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David LaChapelle - Iceberg (2004).
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David LaChapelle - Iceberg (2004). Voir l'article sur David LaChapelle
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Jean Larivière - Vuitton (1997).
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Thierry Le Gouès - Lavazza (2004).
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Les Guzman - Kokaï.
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Peter Lippmann - Cartier.
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Peter Lippmann - Chianti.
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Serge Lutens - Shiseido (1985).
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Finlay MacKay - Diesel Workhard.
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Bernard Matussière - Aubade.
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Bernard Matussière - Glen Turner.
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Guido Mocafico - YSL Paris.
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Jean-Baptiste Mondino - Jean-Paul Gaultier.
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Sarah Moon - Cacharel (1969).
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Erwin Olaf - Lavazza (2005).
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Eugenio Recuenco - Lavazza (2007).
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Eugenio Recuenco - Custo.
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Alexandre Salgado - Petrobas.
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Jeanloup Sieff - Yves Saint Laurent (1971).
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Cléo Sullivan - Alain Mikli.
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Solve Sundsbo - Hermès (2005).
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Solve Sundsbo - YSL Opium.
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Oliviero Toscani - Benetton.
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Jean-Marie Vives - Vodka Zubrowka.
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Ellen Von Unwerth - Lavazza (2006).

dimanche, 27 janvier 2008

Pietàs d'hier et d'aujourd'hui

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Pietà de Giovanni Bellini (1468-71) Dans l'art chrétien, une pietà (de l'italien «pitié») est une représentation peinte ou sculptée de la Vierge Marie pleurant la mort du Christ. Ce thème iconographique morbide de la Vierge douloureuse, tenant sur ses genoux le corps du Christ descendu de Croix, apparaît pour la première fois en Allemagne vers 1300. Cette représentation est en phase avec la sensibilité des années 1350-1500 marquées par la présence menaçante et anormale de la mort. En effet, ces époques sont ponctuées par des fléaux successifs qui influencent directement les artistes. Aux famines de 1346-1347 succède jusqu'en 1350 une pandémie de pestes bubonique (peste noire) et pulmonaire qui décimera près d'un tiers de la population européenne faisant 25 millions de victimes. Parmi les plus célèbres représentations, citons : la «Pietà d'Avignon» (vers 1455), celle du peintre Giovanni Bellini et la pietà sculptée de Michel-Ange exposée à Saint-Pierre de Rome. L'image de la pietà est devenue au fil des siècles un référent dans l'iconographie occidentale, régulièrement utilisé et détourné par des créateurs de tous bords.
Ben Laden - Sculpture de Sokari Douglas Camp (2002).
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Pietà de Villeneuve-lès-Avignon par Enguerrand Quarton (vers 1455).
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Pietà de Michel-Ange (1498-99)
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Pietà d'Emmanuel Lambardos. Icône de Bosnie-Herzégovine, palais épiscopal de Tuzla.(début XVIIe siècle)
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Gregor Podgorski, photographe. http://www.gregor-podgorski.com/
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David LaChapelle, photographe.
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Affiche Benetton de Toscani. Agonie de David Kirby, malade du sida (1992-93)
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Campagne Kookai (2001)
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Pietà de John Emerson

vendredi, 21 décembre 2007

Vachement connues

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La Marilyn des pâturages par son créateur Benjamin Rabier (1921). Pas folle la vache ! Quand elle ne regarde pas passer les trains, elle fait de la pub. Pour le bouillon, le fromage, le chocolat, le savon, la musique psychédélique, ... à l'époque des vaches grasses, les bovidés de tous poils se faisaient tirer le portrait. «Attention on ne bouse plus» disait le photographe, «on arrête de faire des cornes à son voisin» et «Clic-Clac, merci Kodak !» (authentique slogan datant de 1963). En logo, en affiches, en pochette de disque… je vous laisse ruminer ces quelques icônes bovines. Effet bœuf ou pas, moi ça m'émeut, ... pas vous ?
Offrez l'Auvergne - Escapades en Auvergne.
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Woody la candidate aux présidentielles 2007 de Ben & Jerry's.
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A plus de 80 ans, toujours aussi coquette et séduisante !
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Vachement d'impact par Cappiello pour le bouillon Kub Maggi (1931).
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Le gag visuel ou l'art du raccourci par Savignac (1949).
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"L'autre" fromage en portions (sans rire !).
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La version Pog qui fit des ravages dans les cours de récréation...
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La plus célèbre vache mauve et la préférée des lacto-cacaophiles.
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L'est pas glamour la Marguerite !
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Celle là en a fait planer plus d'un. Album Atom Heart Mother de Pink Floyd (1970). Design studio Hipgnosis.
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Quand les trains passent à 300 à l'heure les vaches perdent la boule. Un site web sur la vache dans la pub http://www.chez.com/lavache/pub.htm

jeudi, 26 octobre 2006

David LaChapelle : beau ou laid ?

Talentueux et dérangeant, David LaChapelle, crée des images décalées, acides, colorées, contrastées, provocantes, kitsch, glamour, porno soft, synthétiques...

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Warhol's amanda as marilyn (2002). Bien entendu, nous ne sommes plus dans le registre du beau et du laid ! Mais qu'en pensons-nous réellement ? Quelle(s) valeur(s) attribuons-nous à ces images ? Héritier d'Andy Warhol et du Pop Art, balançant entre iconographie classique et pornographie, David LaChapelle nous entraîne dans ses visions moitié rêve, moitié cauchemar. Pub, clip, magazines de mode, portraits, couverture de CD, affiches de films... son univers exubérant aux couleurs saturées se veut ancré dans son temps, entre New York et Los Angeles. Et vous, franchement, vous en pensez quoi ? N'hésitez pas à ajouter votre commentaire.
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Tori Amos (1998).
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Madonna (1998).
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Pub Lavazza.
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Pub Kahlua.
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Pub Midori.
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Pub Motorola.
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Pub Phillip Morris. Site officiel David LaChapelle http://www.davidlachapelle.com/index.html Quelques photos http://www.pdngallery.com/legends/archive/lachappelle/lac... Quelques photos dans la galerie photographes publicitaires de ce blog Article sur Arte http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=586197,... Interview en anglais http://www.designboom.com/eng/interview/lachapelle.html Vous en pensez quoi vous ? Ajoutez votre commentaire ci-dessous.

mardi, 19 septembre 2006

Black & White by JP

Oui, je l'avoue, je suis un accro du Black & White. La preuve, cette sélection de photos argentiques, développées et tirées par mes soins. Prise de vue : appareil reflex 24 x 36 Pentax Spotmatic, garanti sans électronique. Objectifs Takumar.

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vendredi, 25 août 2006

Quelques photo-graphismes

Une sélection de photos argentiques noir & blanc, oeuvres de jeunesse, tirées sur papier très dur et partiellement retouchées. L'objectif est d'éliminer les demi-teintes et d'obtenir un effet graphique. C'était 15 ans avant l'arrivée de Photoshop !

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mardi, 21 mars 2006

La troublante poésie de Bomarzo

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«Vous qui allez par le monde désireux de voir hautes et stupéfiantes merveilles venez ici où sont faces horribles éléphants lions ours orques et dragons». La série de photos consacrée au jardin de Bomarzo, de Dominique Zoladz, témoigne d'une double rencontre. La première, formelle et magique, entre l’Antiquité étrusque et la Renaissance, à travers ces divinités, chimères et dragons, sculptés au XVIe siècle. La seconde, esthétique, par le choc émotionnel émanant d’un lieu magique sur la sensibilité et l'imagination d'un artiste plasticien. Car le parcours statuaire du bosco sacro, orchestré par le seigneur Orsini, est un stupéfiant lexique mythologique et symbolique. Une merveille, dans le sens premier du mot : une miribilia, une chose étonnante et admirable, parfaitement captée dans cette série d'images.
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La démarche artistique de Dominique Zoladz est particulièrement sensible, révélatrice de sens. En vérité, le créateur ne cherche pas à nous re-présenter la réalité, la perception naturelle du lieu et des objets, «l’impression», mais plutôt le phénomène mental secondaire, son «souvenir». Ainsi, nous errons dans le labyrinthe des réminiscences de l’artiste. En nous, d’obscures forces agissent et stimulent nos émotions. Au fil de nos visions, notre esprit effectue un travail secret et suggestif. Avec une économie de moyens maîtrisée, Dominique Zoladz illustre à la lettre les propos de Kandinsky : «En général, la couleur est un moyen d’influencer l’âme de manière directe.» medium_gd_la_nourrice_2.jpg Les conventions, notre culture, nous ont conditionné à regarder l'objet photographique comme une représentation de la réalité : image réelle, évidente, univoque, fait irrécusable. Or, face à ces «pictographies», nous sommes mystifiés ! Notre œil est trompé. «Combien d’hommes profondément distraits pénétrèrent dans des trompe-l’œil et ne sont pas revenus.» (Jean Cocteau) En choisissant une technique de colorisation éminemment subjective, le créateur a opté pour une idéalisation, une théâtralité. Il joue de l’équivoque du noir et blanc de la photo et des encres colorées pour créer chez l’observateur une sensation curieuse, un hiatus de la perception, des aller-retours “réalité-illusion”, débouchant sur un phénomène de “relief” et de “profondeur”. À l’objectivité de l’appareil photo, le plasticien a juxtaposé par la colorisation son affectivité et son doute. Nous sommes, me semble-t-il, en présence d’une approche esthétique baroque, hautement ambiguë, du latin ambigere, “être en discussion avec soi-même”. Voir la galerie http://www.dominiquezoladz.com/bomarzo.html
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vendredi, 10 mars 2006

Mémoires murales

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Avec sa série Mémoires murales, Dominique Zoladz fait œuvre de «photopographe». Sa préoccupation du temps qui passe lui inspire la capture de ces instants d’années. Topographies murales de fissures, griffures, sillons, strates, craquelures, gouffres. Çà et là, l’homme affirme sa présence en gestes signifiants. Graffiti, signes désespérés, bouteilles à la mer des mémoires futures. Le propos du photographe, discret et radical, est de nous faire toucher des yeux ces murs, «témoins privilégiés et pétrifiés de nos errances et de nos agitations, du passage des hommes dans le temps et du temps sur les hommes». Il le fait avec une économie de moyens remarquable. N’empêche ! Un cadrage, une composition, une lumineuse patience… et la clarté crue du sud, rasante, gratte la peau des murs et nous révèle de mystérieux reliefs de salpêtre, de décrépitude et de rouille. Tout une mémoire en décomposition. Comme si la surface du temps s’était durcie et formait une croûte lépreuse. Et, de cette couche corrodée, par plaques pulvérulentes, des souvenirs tombant en poussière oublieuse. L’artiste nous précise que ses prises de vue sont réalisées à hauteur d’œil. Ce qui peut sembler relever de l’anecdote est en fait essentiel et riche de sens. En effet, ces morceaux de murs vivent et meurent, dans leur propre temps, littéralement sous nos yeux. Nous les négligeons, faute de curiosité et pressés que nous sommes dans notre temps impatient. Pour Dominique Zoladz, «notre mémoire en perpétuelle évolution, se transforme, s’efface, se creuse ou fait apparaître des aspérités. Des lambeaux de couleurs récentes laissent filtrer des trames anciennes, érodées et délavées». Ses «images-mémoires», outre leur remarquable qualité picturale, sont de puissantes métaphores qui nous questionnent. Voir la galerie virtuelle http://www.dominiquezoladz.com/memoires.html

jeudi, 23 février 2006

Accords aériens

medium_accords-aeriens.4.jpg Photographie de Jean-Baptiste Martin, étudiant en 3e année à l'ISCOM Lyon. Contact : jaybizz@msn.com http://www.jbphotowork.com/ Image insolite et plurivoque. Où plutôt image double, car l’arrière-plan nous est interdit par un muret et un grillage. Une surface découpée par une succession de lignes horizontales comme les strates du temps. Deux images en une, constituées d’une «avant-scène» et d’un «derrière le rideau», d’un dedans et d’un dehors, inconciliables. Vacarme assourdissant des réacteurs contre délicats arpèges - que l’on imagine brésiliens - de la guitare sèche. Heureuse composition : le grillage ménage en haut de la photo une mince bande d’évasion, ostensiblement barrée par un pernicieux fil de fer barbelé, symbole éloquent de la séquestration. La composition s’anime de deux obliques opposées : avion s’élançant de droite à gauche, improbable guitariste et son instrument offrant une lecture opposée. Le jumbo-jet tel un gros insecte semble être captif, saisi dans les mailles d’un filet géant. Accord pétrifié du musicien, avion piqué dans un ciel morne, temps suspendu... Sensation que vient confirmer un panneau de signalisation «Stop» que pointe le manche de la guitare. Pour qui et pourquoi cette injonction ? Stop aux illusions ? Image quasi magritienne comme un rêve éveillé. Photographie qui interroge plus qu’elle ne révèle, en un va-et-vient incessant entre l’avion - synonyme d’une impossible évasion - et le guitariste statufié... «Photographier, c’est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l’organisation rigoureuse des formes qui expriment ce fait» nous dit Cartier-Bresson. Cette saisie de l’instant est bien souvent du domaine de l’intuition, d’un 6e sens... Aussi étrange et intrigant que soit le «fait» ou la situation présente, il faut bien reconnaître que tous les éléments concourent dans cette photo à la construction d’une image singulière et cohérente. Et vous, qu'en pensez-vous ?.